Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Seuls les imbéciles, dit-on, ne changent pas d'avis. C'est donc sans complexe que le président de la République confirme sa capacité d'adaptation, en annonçant hier un « plan emploi » dont la seule proposition chiffrée consiste à ajouter 100 000 contrats aidés aux 230 000 prévus pour 2009. Or, les crédits consacrés à l'emploi sont en baisse dans le budget. Surtout, c'est ce gouvernement qui a supprimé 200 000 emplois aidés, jusqu'ici accusés de tous les maux. En juin 2006, le candidat Sarkozy ne dénonçait-il pas avec vigueur « la logique exclusive du traitement social du chômage, de l'emploi aidé et de l'assistance »? De la même manière, c'est sans hésitation qu'il évoque désormais à propos des contrats de transition professionnelle la création d'une « véritable sécurité sociale professionnelle », directement prélevée dans le projet socialiste! Bref, ce plan n'en est pas un, sauf en termes de communication. Car en matière d'emploi, l'information qui nous est donnée est incomplète. Alors que l'on s'attend à l'annonce de 8 000 chômeurs supplémentaires en septembre, la majorité qui dirige la France, à la faveur de la crise, passe son bilan par profits et pertes. Depuis plusieurs mois, donc antérieurement à la crise, l'économie française se dégrade: le chômage remonte depuis plusieurs mois en dépit du contexte démographique; les destructions de postes sont massives dans le secteur industriel et significatives dans d'autres secteurs; la précarité et le sous-emploi ont continué de croître; la défiscalisation des heures supplémentaires a eu pour effet qu'une heure supplémentaire coûte moins cher qu'une heure embauchée. L'impact de la crise financière sur l'emploi va être très lourd. Il le sera d'autant plus que l'économie française est fragilisée par l'absence totale de soutien à l'activité productive de la part du gouvernement, dont la politique a conduit à une multiplication de plans sociaux. Alors le « plan emploi », c'est Sarkozy? Les plans sociaux, aussi.