Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Aujourd'hui s'ouvre à l'Assemblée nationale une session extraordinaire d'une semaine qui nous permettra, une fois passé le très expéditif « débat » sur la présence de nos troupes en Afghanistan, d'examiner deux projets de loi auxquels le gouvernement tient beaucoup, l'un portant sur « les revenus du travail », l'autre sur le revenu de solidarité active.
Le premier texte va permettre, dans les entreprises où des accords d'intéressement existent, de substituer le versement de primes (non soumises à cotisations sociales) à des augmentations de salaires.
Le second, sous couvert de mettre en oeuvre le dispositif du RSA dont le principe fait consensus, risque de contraindre les futurs bénéficiaires à accepter des emplois précaires, à temps partiel voire émietté, et très mal rémunérés.
Dans les deux cas, le principe d'un complément de revenu est préféré à la valorisation du salaire. Exactement comme avec la défiscalisation des heures supplémentaires, qui n'a naturellement pas eu les effets promis sur le pouvoir d'achat (sans compter, dans tous ces cas, les mauvaises surprises au moment du calcul de la retraite).
Le bilan de cette politique se lit dans les chiffres du ministère de l'emploi, qui reconnaît que le pouvoir d'achat a diminué de 0,4 point en un an, du fait d'une évolution du salaire mensuel de base inférieure à la hausse des prix.
Un sujet supplémentaire d'inquiétude provient des décrets, actuellement en préparation, de la loi du 1er août dernier « relative aux droits et devoirs des demandeurs d'emploi », plus connue pour son concept d' « offre raisonnable d'emploi ». Au bout de trois mois de chômage, le demandeur d'emploi devra accepter, sous peine d'être radié, une offre « raisonnable » rémunérée à 95% de son ancien salaire, et au bout de six mois, à 85%. Après un an, l'emploi proposé sera « acceptable » s'il est rémunéré au moins à hauteur de l'allocation chômage ou de l'ASS.
Où est le candidat à la présidentielle qui prétendait défendre le pouvoir d'achat et la revalorisation du travail? Ce gouvernement oublie que ce qui fait la dignité du travail, c'est le salaire, mot qui semble tabou à ses yeux. Les expédients qu'il imagine sont des aumônes pour les salariés et des cadeaux pour les entreprises .
Nous risquons de voir apparaître, en France, une armée de travailleurs pauvres. Cela ne va pas dans le sens du progrès.