Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

Publicité

Sous le RSA, la précarité...


Le RSA est exactement le type d'annonce qui met Sarkozy en joie: le chef de l'Etat se donne une image sociale, servi par un transfuge de la gauche; il embarrasse les socialistes, car ce dispositif figurait dans leur programme; il gêne aussi, histoire de rappeler qui est le patron, sa majorité hostile à une nouvelle augmentation des prélèvements obligatoires; au final, il « roule » tout le monde, et peut être même les futurs bénéficiaires de la mesure. Je résume: au départ, le revenu de solidarité active poursuit l'objectif louable de garantir un complément de revenu aux personnes les plus démunies en incitant à la reprise d'une activité. Il s'agit de supprimer ce que les spécialistes appellent les trappes à pauvreté, qui font que certains allocataires de minima sociaux n'ont pas d'avantage financier à reprendre un emploi, voire même sont perdants. La question qui fâche, comme souvent, est celle du financement. Pour le chef de l'Etat, un seul mot d'ordre: épargner les riches! Sa première idée était de faire financer le RSA par la PPE, ce qui bien entendu a soulevé un tollé. La nouvelle version est donc un peu plus subtile: une taxe supplémentaire de 1,1% sur l'épargne, à savoir notamment les plans épargne retraite, les assurances-vie, les PEL, sera prélevée. Seuls seront exonérés les richissimes contribuables protégés par le bouclier fiscal: en d'autres termes, les seuls contribuables qui ne participeront pas à l'effort de solidarité envers les travailleurs pauvres seront ceux qui payent l'ISF! L'épargne sera taxée, mais pas le capital. L'autre problème, ce sont les effets pervers potentiels du RSA: il risque de créer une pression sur les futurs allocataires, contraints d'accepter des emplois à temps très partiel, fort précaires et mal rémunérés, de sorte que la suppression des trappes à pauvreté risque de se transformer en augmentation des trappes à précarité. Le débat parlementaire, au cours de la dernière semaine de septembre, sera l'occasion de demander des clarifications. Mais il ne faut pas croire que le RSA va tout arranger, comme par magie. Tel qu'il est conçu aujourd'hui, il s'apparente plutôt à de la prestidigitation. Le RSA pourrait bien, au final, cacher une illusion.

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
Les défauts du RSA et la question de son financement ne doivent pas occulter l'urgence et l'importance de réformer notre système d'aide aux plus démunis. Certes, le RSA ne changera rien pour les ménages qui ne travaillent pas. Et il n'offrira rien de nouveau pour les petits retraités. Seuls les bénéficiaires du RMI et de l'Allocation parent isolé sont concernés (pas ceux de l'ASS, l'AAH...)donc "seulement" 90 000 personnes.Le RSA ne résoudra pas non plus l'explosion du travail précaire. Cependant, il est évident que le travail doit payer, doit être un facteur d'insertion, de reconnaissance sociale...mais justement, avec le RSA il faudra travailler...un minimum.Il faut espérer que le RSA ne fonctionne pas comme un encouragement pour les entreprises à ne créer que des "petits boulots", et à poursuivre les politiques de bas salaires. Quand tu as une vie de merde, un logement de merde...il ne reste plus qu'un boulot de merde !Les socialistes doivent aller plus loin et proposer des moyens pour réduire le développement du temps partiel et des contrats précaires.
Répondre
O
Entre rien et la précarité, mieux vaut la précarité car elle peut déboucher sur du durable alors que rien ne rapporte rien. De même, cette taxe sur le capital pour financer le RSA n'a rien de contestable en soi. N'oublions pas ces mots d'Alfred Fouillée : "La liberté et l'égalité sont nos droits, la fraternité notre devoir". Par contre, ce qui est révoltant - et le mot est faible ! - est que celle-ci ne sanctionne que les classes moyennes, éternelles vaches à lait, et que les castes les plus aisées en soient dispensées grâce au bouclier fiscal mis en place l'été dernier par le chanoine de l'Elysée. D'ailleurs, pour gagner en crédibilité, la Gauche devrait d'ores et déjà annoncer qu'elle remettra en cause ce dispositif fiscalement injuste dès son retour au pouvoir. Elle y gagnerait en crédibilité et en popularité ! Nombre de nos compatriotes ont, en effet, le désagréable sentiment que la Gauche critique l'actuelle politique du président de la République, l'accusant de régression sociale, mais qu'elle ne remettrait pas en cause les "réformes" de ce dernier en cas de retour au pouvoir, qu'elle les pérenniserait implicitement. Les Français sont désormais convaincu que tout ce qui est perdu aujourd'hui l'est définitivement et ce, quelque soit l'élu en 2012. Cette conviction est renforcée par les divisions qui minent actuellement - et lamentablement - la Gauche en général, le PS en particulier. Divisions qui dénotent une absence d'avenir, d'où un notable déficit politique faute de perspectives et de desseins clairement identifiés et affirmés. Ajoutez à cela le (remarquable) travail de sape mené par la Droite en la matière, une Droite qui se fait un plaisir évident de pointer ces divisions, cachant ainsi habilement sa politique de régression sociale. 
Répondre
M
le lapsus de la patronne du Medef "RAS" pour "RSA" était-il volontaire? Martin Hirsch, l'indigne traitre, était bien embarrassé quand cette journaliste de Canal + (A.S Lapix) lui a demandé quand le RSA prenait fin pour un bénéficiaire puisque les salaires n'augmentaient plus en France... Le RSA  a t-il une durée dans le temps? Il n'a pas su lui répondre... parce qu'effectivement, le RSA est une pure illusion, un coup de com quoi!
Répondre