Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
Le gouvernement de M. Fillon ne recule devant rien, sauf devant la vérité. Ainsi, il se vante d'avoir réduit le chômage bien que sa politique ne crée pas d'emplois, et que seuls des mouvements démographiques et des artifices administratifs expliquent cette relative décrue. De même, lorsque vendredi dernier, l'Insee dément les prévisions de croissance officielles, le premier ministre met en doute le travail de cet organisme. Autre exemple, il est évident que l'inflation pèse sur le pouvoir d'achat, mais Christine Lagarde refuse de reconnaître la hausse des prix. La dernière de ces tricheries porte sur la sécurité sociale: alors que chaque année, les députés votent son budget, le directeur de l'assurance-maladie, en cours d'exercice, propose le déremboursement des médicaments complémentaires prescrits aux malades en « affection longue durée ». Roselyne Bachelot, interrogée hier par les socialistes à l'Assemblée nationale, se retranche derrière des critères comptables. Sans un mot pour les malades. Et pourtant! Evoquer des médicaments « de confort » lorsqu'il s'agit de calmer d'insupportables souffrances ou de soulager les effets secondaires de traitements contre le cancer ou le sida, c'est léger. Envisager de moins rembourser ces produits, donc d'en priver certains patients pour des raisons financières, c'est criminel. Si cette décision se confirme, venant s'ajouter aux franchises médicales, un pas de plus sera franchi vers le démantèlement de l'assurance-maladie. C'est le principe de solidarité, fondement de notre système de santé, qui est menacé. Et que le gouvernement ne vienne pas nous infliger une nouvelle campagne publicitaire à 4 millions d'euros sous prétexte que nous ne comprenons pas bien ses réformes. Nous les comprenons très bien. Mais nous les refusons parce qu'elles sont injustes.