Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.
« Il faut lutter contre toutes les formes de racisme, de xénophobie, de discrimination », ont déclaré en choeur le président de la République, le Premier ministre, la ministre de l'Intérieur, à la suite de l'agression à caractère antisémite intervenue samedi dans le XIXème arrondissement de Paris. D'accord, cent fois d'accord! Mais alors, qu'ils balaient devant leur porte. Jeudi dernier en effet, le ministre Hortefeux a tenu une conférence de presse pour se féliciter de la hausse de 80% des expulsions et justifier avec arrogance le lien entre identité nationale et immigration. Un tel discours n'incite pas à l'apaisement. Au contraire, la politique du chiffre de Brice Hortefeux fait régner l'arbitraire, la suspicion, et accroît les tensions. Elle est condamnable. Elle est aussi dangereuse. Ainsi, nous savons que les conditions de rétention des étrangers sans-papiers en attente d'expulsion sont inadmissibles. Le gouvernement est parfaitement informé de leur inhumanité mais ne fait rien. C'est pourquoi le 16 avril, à l'initiative des députés socialistes, une mission d'information sur les centres de rétention a été créée par la Commission des lois de l'Assemblée nationale. Malheureusement, samedi, un homme de 41 ans est décédé d'une crise cardiaque, faute de soins, dans le centre de rétention administrative de Vincennes, ce qui a entraîné des incidents graves. Là, le gouvernement s'est fait discret, tandis qu'un député UMP osait mettre en cause RESF, preuve sans doute de l'embarras de la majorité. Quoi qu'il en soit, au lieu de bricoler la Constitution pour permettre à Sarkozy de faire son numéro devant les parlementaires et à 200 sénateurs de droite de sanctuariser dans le texte fondamental leur injustifiable mode d'élection, ne vaudrait-il pas mieux commencer par respecter le Préambule de la Constitution, qui rappelle l'attachement de la France aux droits de l'Homme ? Il est trop souvent bafoué. C'est une injure aux valeurs de la République.