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Bernard Roman, député de la première circonscription du Nord, dialogue quotidiennement sur son blog, avec l'ensemble des citoyens.

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Silence de mort


Presque vingt ans après Tien An Men, les mêmes images. Insupportables. Des chars face à des manifestants. L'armée contre le peuple. La répression contre la demande de liberté. Le premier ministre du gouvernement tibétain en exil annonce que 140 personnes ont été tuées au Tibet par la Chine, qui va accueillir l'été prochain les Jeux olympiques. « Un peu de retenue », demande Nicolas Sarkozy! Combien de morts faudra-t-il pour que la France s'indigne des violences chinoises, les condamne, exige leur arrêt, utilise les moyens de pression pertinents? 140 morts, manifestement, ce n'est pas suffisant pour que Sarkozy, Kouchner, Yade, daignent s'émouvoir. La plupart des capitales occidentales ont pris contact avec les dirigeants chinois pour demander l'arrêt immédiat de cette répression sanglante. Parallèlement, Angela Merkel avait reçu il y a quelques mois le Dalaï-lama à Berlin, Nancy Pelosi est allée à sa rencontre à Dharamsala, Gordon Brown l'invite à Londres. Mais la France, qui présidera l'Union européenne pendant les Jeux olympiques de Pékin, se tait. Le chef de l'Etat, qui, dans l'euphorie de sa victoire, assurait que la défense des droits de l'homme guiderait sa politique étrangère, s'est illustré depuis par ses accointances avec Poutine, Khadafi, Hu Jintao. Sur les principes, c'est honteux. Sur l'efficacité, c'est nul. En diplomatie comme en politique, seul le courage paie. Et le courage, aujourd'hui, ce serait de rappeler que l'olympisme est synonyme de paix et le sport de fraternité. Si cet esprit n'est pas respecté, les Jeux olympiques sont détournés de leur vocation, et les sportifs instrumentalisés. Le boycott des Jeux n'est pas une fin en soi, bien sûr. Mais c'est un moyen de pression qui, s'il était brandi par l'ensemble de la communauté internationale, ferait peut-être fléchir les dirigeants chinois. Sinon, les chars auront le dernier mot, le mot de la fin, le mot de la mort.

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"La responsabilité est dans les mains des politiques. On n'appelle pas au boycott des sportifs, on demande à M.Sarkozy de dire que si la situation ne s'améliore pas au Tibet et en Chine, il ne sera pas présent le 8 août à la cérémonie d'ouverture des JO", a déclaré Robert Ménard.<br />  <br /> Plus virulent le député Verts, Noël Mamère, a accusé le président Sarkozy et le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, de se "soumettre aux dictateurs chinois" sur le dossier du Tibet. "Nous avons affaire à des hommes qui, à la tête de l'Etat, renient leurs engagements, renoncent à leurs convictions", a-t-il déploré dans les couloirs de l'Assemblée en accusant le chef de l'Etat de tourner le dos à ses promesses alors qu'il avait assuré vouloir "se battre au nom de la France contre tous les tortionnaires et contre toutes les atteintes aux droits de l'homme". <br />  <br /> "Il faut faire pression sur le gouvernement de Pékin, qui n'aime pas perdre la face et qui est en train de la perdre. Il ne faut surtout pas assister à la séance inaugurale (des Jeux olympiques), il faut pratiquer la politique de la chaise vide", a plaidé l'élu de Gironde. […]<br />  <br /> Son collègue des Verts, Yves Cochet, "regrette beaucoup" que "le gouvernement et notamment Bernard Kouchner disent qu'il y a une sorte de "realpolitik" qui doit s'appliquer". "J'attends du gouvernement une position beaucoup plus claire: est-ce que Sarkozy va aller ou pas (au JO) (...) S'il y a des horreurs qui se passent au Tibet, il ne faut pas aller aux Jeux Olympiques, tout simplement !". <br />  <br /> Plus en rondeur, le député socialiste de la Nièvre, Gaëtan Gorce, estime qu' "il faut respecter la Chine, (et que) ça ne sert à rien d'humilier les Chinois". En revanche, ajoute-t-il, "le ministre des Affaires étrangères doit jouer pleinement son rôle plutôt que de s'excuser de ne pas intervenir". "Il faut que la diplomatie française se ressaisisse, ce n'est pas simplement à la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme de jouer ce rôle", juge encore l'élu.<br />  <br /> Source : La Tribune, 25 mars 2008.
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Vous souvenez-vous ? La Chine exhortait encore récemment l'Union européenne (UE) à lever l'embargo « dépassé et discriminatoire » sur la vente des armes à la Chine, affirmant « qu'une telle politique discriminatoire n'avait pas de place dans le partenariat stratégique intégral sino-européen, basé sur l'égalité et le respect mutuel » (dépêche de l’Agence Chine Nouvelle – Xinhua – en date du 20 décembre 2006). Pékin souhaitait également « que l'UE puisse faire preuve de courage et de détermination politiques et lever l'embargo sur la vente des armes le plus tôt possible afin de porter sa contribution au développement sain des relations sino-européennes ». On sait désormais que ce qui est sain pour les Européens ne l’est pour les Tibétains.<br />  <br /> Fin 2006, le président de la République Jacques Chirac et son homologue chinois Hu Jintao signaient, le 26 octobre, une Déclaration conjointe. Dans cette déclaration, les deux parties estimaient que le moment était venu pour l'UE de tirer les conséquences du développement du partenariat entre l'UE et la Chine, notamment par la levée de l'embargo sur les armes, qui, selon les plénipotentiaires, n'était plus pertinent dans le contexte actuel.<br />  <br /> Pour écarter les ultimes réticences, certains avancèrent l’idée qu’il serait possible, avant d'accepter de lever cet embargo, d'exiger de la part de Pékin la promesse de ne pas recourir à la force vis-à-vis de Taiwan. On connaît aujourd’hui la valeur des promesses chinoises.<br />  <br /> L’an dernier, au cours d'une émission en direct le 31 janvier organisée par le Site web La Chine, l’ambassadeur de France en Chine, Hervé LADSOUS, indiquait que l'embargo de l'UE sur les ventes d'armes à la Chine était une mesure obsolète et que la France y était comme toujours opposée. Il ajouta que la position de la France sur cette question ne changerait jamais. Mieux, selon lui, l'embargo de l'UE sur les ventes d'armes à la Chine est en réalité en contradiction avec les relations de partenariat et de coopération que l'UE voudrait établir avec la Chine. De fait, concluait-il, la France déploierait tous ses efforts pour persuader ses partenaires européens sur cette question.<br />  <br /> Malheureuse initiative individuelle, pourrait-on plaider. En vérité, les diplomates français, qui jugent l’embargo « anachronique », « obsolète », se démènent depuis l'automne 2003 pour faire accepter à leurs voisins européens l'idée que le temps est venu de renoncer à une sanction humiliante à l'égard d'un pays avec lequel l'Europe est engagée dans un « partenariat stratégique ». « La Chine a changé depuis 1989 et n'a rien à faire dans une liste de pays bannis, aux côtés du Soudan et du Zimbabwe », explique un diplomate français. Geste politique, la levée de l'embargo est d'abord destinée à satisfaire Pékin. En retour, Paris espère que la Chine se souviendra de son geste au moment d'acheter des trains, des centrales nucléaires ou des avions… Quant aux industriels de l'armement, ils tablent sur un coup de pouce à leurs exportations, d'autant que Pékin dispose aujourd'hui des plus grosses réserves financières du monde et peut donc mettre en place des budgets compatibles avec l'acquisition d'équipements militaires. Imaginez-vous des « Rafale » frappés de l’étoile rouge ?
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